06 août 2017

La dialectique du fou : 14 - De la valeur en général et des valeurs humaines en particulier

La dialectique du fou

Tout le monde connaît la diagonale. Ce truc qui en travers permet d'atteindre l'autre bout du miroir sans passer par les autres sommets.

Je voudrais vous faire partager mes élucubrations lexicales, celles de mes succès et de mes échecs. C'est la raison de ce titre thématique.

Et je poursuis cette série, qui connaîtra les épisodes que je saurai y ajouter, "à demain si vous le voulez bien", comme disait un monsieur loyal radiophonique, mais aussi si je le peux bien.


De la valeur en général et des valeurs humaines en particulier

La valeur est donc cette chose qui permet de mesurer une dimension d’un objet, d’une idée, d’une entité.

L’entité objet peut être n’importe quelle chose matérielle ou non.

Si c’est un kilo de carottes par exemple, la dimension poids, ou masse de cette entité est un kilo. La dimension quantité est peut-être 15. On a quinze carottes. Pas toutes de la même taille. En plus. Grosseurs, longueurs sont inégales.

Donc pas pratique de mesurer les carottes pour en apprécier la valeur.



Par contre notre kilo de carottes fait un kilo, ça va pas changer. Un kilo reste un kilo.

Encore que, si on monte avec le kilo de carottes dans un avion et qu’on le pèse, il fera moins d’un kilo, mais ce n’est pas sujet.

Ce qui est bien c’est que si je prends un kilo de carottes un jour, et que j’en compte quinze, et qu’un autre jour elles sont plus petites et il en faut 23 pour faire mon kilo, ben un kilo ça reste un kilo !

Et si je veux échanger un kilo de carottes contre autre chose ?

Je peux en tirer quoi de mon kilo de carottes.

Trois poignées de grains de blé ? Non pas assez, Dix poignées peut-être ?

Bon on va pas faire l’impasse là-dessus on a inventé la monnaie, c’est pas pour des prunes. Et pour les carottes on pourrait fixer le prix du kilo, ce serait bien pratique.

Comment peut-on décider du prix de ce kilo de carotte ? On demande à celui qui les a planté et récolté de nous expliquer :

  • j’ai nettoyé un lopin et retourné la terre
  • j’ai planté des graines de carottes
  • j’ai surveillé, chaque jour, arrosé quand il fallait
  • j’ai attendu que les plants aient l’air à point
  • je me suis baissé pour les ramasser, les nettoyer un peu et vous les présenter.
  • au total j’ai utilisé tant d’heures, tant de litres d’eau, etc.

Si on fait la somme des actions, des ressources et fournitures on  trouvera ce que pourrait coûter ce kilo à produire, et on y ajoutera le temps passé pour essayer de faire que ce monsieur soit content du prix qu’on veut bien lui donner.

Comme il est pas plus bête qu’un autre, notre cultivateur aura pensé à tout ça et mis sur une ardoise le prix qu’il en propose.

Et là vous arrivez devant lui et vous lisez “Carottes 2€85 / kg”

Quoi ? 2€85, nonméssavapa ! J’ai vu à 1€40 dans le magasin là-bas !

Et là le cultivateur va devoir expliquer que oui, mais lui, il met du soin, pas d’engrais, et qu’il les ramasse avec amour, et que l’amour n’a pas de prix, mais qu’il veut bien quand même vous en donner si vous pyaez 2€85.

On constate quoi ?

- Que pour vendre plus cher que le voisin il faut convaincre avec des arguments solides.
- Que dès qu’on aborde la question du prix d’une chose, on rentre facilement dans un conflit.

Et l’amour du travail bien fait ?

Et le coût réel de la carotte moins chère qui est produite par tonnes à des centaines ou des milliers de kilomètres ?

Et la notion de partage qui est diluée dans des schémas de plus en plus complexes et devenus tellement exempts d’humanité que chaque personne humaine qui intervient dans la chaîne ne conserve petit à petit que ses yeux pour pleurer ?

Ah si les larmes avaient un prix, la richesse ne se mesurerait pas de la même manière

Si tu ne m’aimes pas je t’aime,
Et si tu m’aimes prends garde à toi.

Pour parfaire cette réflexion sur la valeur, on dira maintenant le prix des choses, je vous propose de retrouver un texte d’une chanson folle et chantante d’un grand Charles qui refusait la politique qui nous étrique la pensée et lui préférait la poésie avec laquelle on rit :
Débit de l’eau, débit de lait, de et par Charles Trenet

Dans ma rue, y a deux boutiques
Dans l'une on vend de l'eau dans l'autre on vend du lait
La première n'est pas sympathique
Mais la seconde en revanche où l'on vend du lait l'est
Et c'est pour ça que tous les passants
La montrent du doigt en disant

Ah qu'il est beau le débit de lait
Ah qu'il est laid le débit de l'eau
Débit de lait si beau débit de l'eau si laid
S'il est un débit beau c'est bien le beau débit de lait
Au débit d'eau y a le beau Boby
Au débit de lait y a la belle Babée
Ils sont vraiment gentils chacun dans leur débit
Mais le Boby et la Babée sont ennemis
Car les badauds sont emballés
Par les bidons de lait de Babée
Mais l'on maudit le lent débit
Le lent débit des longs bidons du débit d'eau de Boby
Aussi Babée ses bidons vidés


Elle les envoie sur le dos de Boby
Et Boby lui répond
En vidant les bidons
Les bidons d'eau de son débit et allez donc
Les bidons d'eau de son débit et allez donc.

Dans ma rue y a un mariage
Celui du beau Boby et de la belle Babée
Les voilà tous deux en ménage
Le débit d'eau épouse le grand beau débit de lait
Ils ont repeint leur boutique en blanc
Et chacun dit en y allant

Ah qu'il est beau le débit de lait
Ah quel palais le débit de l'eau
Débit de lait si beau, débit de lait palais
S'il est un débit beau c'est bien le beau débit de lait
Boby a mis du lait dans son eau
Et la Babée de l'eau dans son lait
Ils ont enfin compris que leurs débits unis
Font le plus grand le plus joli des beaux débits
Et les badauds sont emballés
Par les bidons de lait de Babée
Oui mais Boby garde pour lui
Les deux plus beaux bidons de lait de la Babée jolie
Et maintenant si vous y alliez
Vous entendriez de joyeux babils
De deux beaux bébés blonds
Qui font tomber d'un bond
Tous les bidons d'eau et de lait de la maison
Tous les bidons d'eau et de lait de la maison.
Ils se battent à coups de beaux bidons
Chez Boby et chez Babée et allez donc.

Où l’on comprend que la valeur ajoutée de l’amour que l’on fabrique n’est pas qu’une question d’argent.

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