03 janvier 2019

L'actualité sous le filtre de ma (presque) mauvaise foi. 3 janvier 2019



En bandeau : un train un peu surchargé en Inde. Ils ont appris à aimer le train ;)

Le président en train ... de préparer la "lettre aux français".

Avez-vous déjà essayé de trouver une photo de Macron en train d'écrire ? Non ? Moi si ! J'ai pas trouvé.

Attention, je suis de bonne foi là, j'ai vraiment cherché. Je pensais illustrer le fait que Macron veut écrire aux français ... ben ... rien. Que dalle. On trouve des photos de Macron, des caisses, des photos de trucs signés de Macron, des photos de trucs manuscrits supposés être rédigés de la main de Macron, mais Macron en train d'écrire, j'ai pas trouvé. On comprend qu'il puisse avoir du mal à s'y mettre dans ce cas. D'autant que tout se ligue pour lui rendre la tâche difficile. La tâche, pas la tache. Si jamais il fait une lettre à chacun de nous, on espère quand même qu'il y aura pas des pâtés sur la papier.


Au départ, il faut croire qu'on l'avait pas prévenu, ou qu'ils ont confondu entre alpha-bête et alphabet. Envoyer une lettre aux français, même si on en choisit une parmi 26, pour chaque français, c'est encore jouable. Mais écrire une lettre, un courrier complet ... ça a dû faire surchauffer le gaz au château. Dans le cas d'espèce, une lettre de plusieurs pages, vu qu'on l'a jamais vu vraiment écrire des trucs, preuve à l'appui, ça doit être super compliqué en fait pour lui ?

Surtout que le chargé de comm. de Saint-Plait-Yslapeth se barre déjà. Sylvain Fort, homme de confiance, lui qui a porté la plume présidentielle au pinacle de l'Aka-démiurge marchiaque prend le large pour se consacrer à des choses qui le rendent plus heureux.

Bistouquet aurait, dit-on, mobilisé des émissaires pour retenir cet ami de longue date, mais rien n'y fit, même pas en stéréo.

Le premier cercle se déplume en perdant la plume. Il va y avoir d'autres départs nous a t-on déjà prévenu. 2019 sera l'année où le premier cercle, les marcheurs historiques ... vont être un certain nombre à poser les pompes.

De toutes manières la comm. va changer, qu'il a dit Manu. Donc finalement avec ou sans Sylain Fort hein ...

Surtout qu'à la base le grand projet du début d'année 2019, c'est bien la "lettre aux français", pour aborder cette séquence historique du grand débat, de la concertation, pour que chaque citoyen puisse exprimer ses attentes et qu'il en sorte un nouvelle donne politique. Séquence historique pour clore la séquence un peu hystérique qui a précédé.

Donc au départ, IL nous a annoncé la venue prochaine d'une lettre explicative pour nous dire comment il faudrait s'y prendre pour exprimer nos désidératas. Et là, on vient d'apprendre que les crânes d’œuf de l’Élysée sont en train d'essayer de pondre un QCM !

Ils vont nous faire le coup du questionnaire à choix multiples poilu pour lequel il faudra se faire aider par un énarque pour comprendre ce qu'ils veulent qu'on mette dans les cases. Zézette épouse X, femme de burolier ... au secours ! Père Noël à l'aide !

Se faire aider par un énarque en appelant le 0800-machin surtaxé ? Ce serait pas une idée à la mords-moi le truc pour renflouer les caisses du magasin de vaisselle ça ?

Ralala ... tant qu'ils ont pas l'odeur du pognon dans les poils du nez, ils sont intenables ces gens-là.

En attendant ça répare pas la République tout ça, et c'est pas prêt d'arriver le jour où on pourra changer les pièces usagées. Macron on va se le tartiner pour tout le mandat, en espérant qu'il nous fabrique pas un scenario à la con pour faciliter l'entrain du peu de gens qui voudront soulever un bulletin d'en choisir un avec écrit Macron dessus.

La République, elle est quand même un peu pétée non ? Ou alors c'est juste l'effet post-réveillon ? Un retour de cuite mauvaise ? Mélenchon fait à peu près l'unanimité contre lui avec son petit couplet pour montrer plus que de la sympathie pour Eric Drouet.

La République est un peu pétée oui. Et pas que pour des excès de table. La grande question qui boucle aux heures qu'on est, c'est de savoir si Eric Drouet a voté Le Pen ou pas. Il a pas dit publiquement qu'il avait voté Le Pen. Il a pas dit publiquement qu'il avait pas voté FN. Mais il a dit tellement de choses qui se situent entre le léchage de semelle à Le Pen et le nettoyage de poils de chat du veston de Philippot ... Compliqué d'échapper au profil plus ou moins nationalo-fascisto-dégagisto-tagada pouët pouët. Disons que même chez les gilets jaunes, ça se raconte quand même qu'il est pas du tout ouvert aux thèses de gauche. Et du coup, cette amitié dévote et fraternelle de Mélenchon pour Drouet ferait presque penser que Mélenchon est affublé d'une dystrophie par excès de la burne de droite.

Ce qui ne devrait étonner personne, puisqu'il serine quand même depuis des années n'être pas spécialement européiste, pas spécialement anti-capitaliste, pas spécialement mondialiste ... et particulièrement sensible aux thèses chévènementistes, Chevènement dont l'humanisme économe a souvent trébuché sur le tapis des valeurs de gauche.

Des gens s'aperçoivent que Mélenchon pourrait ne pas être vraiment de gauche ? Flûte, ça fait deux ans que j'ai des crampes à rigoler d'entendre JLM étiqueté gauche, ou extrême-gauche, alors qu'il est évident qu'il a plus à partager avec Philippot ou Asselineau qu'avec Philippe Poutou. Ce qui en fait l'opposant idéal pour Macron, puisque comme ça, pratiquement personne ne peut s'apercevoir à quel point Macron et Le Pen c'est même combat.

Et ce n'est que maintenant, en 2019, qu'on commence à lire un peu partout que finalement le "tout sauf Le Pen" est une couillonnade dans la mesure où on a déjà des fachos dans l'exécutif.

Le Parlement rendu quasiment inopérant, les ministres devenus uniquement apôtres de la parole présidentielle, les lobbyistes aux commandes pour écrire les textes qui sont votés les yeux fermés ... par des parlementaires le doigt sur la couture du pantalon, et des opposants qui gatouillent bien souvent au lieu de grattouiller ... encore des qu'ont paumé une lettre dans la précipitation.

Enfin le théâtre de Guignol a encore de beau jours, et le bâton et la carotte restent les moyens les plus courants pour faire la politique nationale.

La carotte, est bien entendu la fiche de paye, pour celles et ceux qui en ont une, et tant mieux qu'elle contienne moins de prélèvements sociaux pour remplir les frigos, mais comme cela est fait au détriment des droits sociaux, les usagers finiront par trouver la note bien salée. Et comme dans le même temps le prélèvement à la source va apparaître sur les mêmes bulletins, il y a pas mal de gens qui vont mettre assez peu de temps à comprendre que finalement c'est vachement commode de payer les impôts avec l'argent de la Sécu ... mais tous comptes faits ... le commun des mortels finira par comprendre la supercherie.

Celles et ceux qui n'ont pas de bulletin de paye, pour partie, ce sont les chômeurs. Eux vont avoir de nouvelles pratiques à intégrer dans leur quotidien. Plus question de refuser une offre d'emploi, quelle que soit sa nature ... ça va sans doute rendre pas mal de gens un peu perplexes.

Avant les salariés se trouvant au chômage pouvaient choisir entre être chômeur en recherche d'emploi et ne pas être chômeur en recherche d'emploi. Désormais l'éventualité d'être en recherche d'emploi est écartée. On ne pourra plus être chômeur, si on suit bien la logique des choses. On devra être employé, et accepter l'emploi qu'on nous aura trouvé. Le choix devient donc être travailleur, ou travailleur. Ou sinon démerdez-vous vous-mêmes. Si on vous propose un poste de caisse au supermarché de l'avenue Rambaud à Saint-Denis de la Réunion, c'est votre affaire de l'accepter, même si vous étiez auparavant monteur sur une chaîne à Saint-Jacques de la Lande. Donc vous pouvez refuser et lancer une micro-entreprise en préparation de repas de fêtes ou vendeur de missions spatiales, Pôle Emploi ne gère plus les chercheurs d'emplois, mais seulement les trouveurs.

Et le chômage va donc diminuer fortement, c'est sûr ! On mettra ça sur le compte des succès du macronisme et ses années de plombs ... pétés. Le plomb donnait le saturnisme dans le temps, mais ça c'était avant. Maintenant ça règle tout, même les corps d'Etat au pied du mur, ou les corps au pied à l'état mûr, c'est selon.

C'est beau le progrès quand même. Le saturnisme ... c'est de la vieille politique. Maintenant Saturne est à deux pas de chez nous ou presque. Saturne, la planète. Le père de Jupiter c'est une autre histoire plus ancienne.

A propos de planètes et tout ça, les chinois, qui ne peuvent tout de même pas refaire exactement les mêmes choses que les autres, ils ont posé un module spatial sur la face cachée de la Lune. Sans personne à bord. Ils ne sont pas parvenus à départager quelques élus susceptibles de faire partie du voyage, et ils n'ont pas prévu non plus de billet de retour. Faute de savoir rendre la Lune habitable donc, pour l'instant encore, un vaisseau tout automatique est parvenu à se poser sur le sol lunaire, sans aucune possibilité de contrôle depuis la Terre, puisque c'est bien sur la face opposée à la Terre que le matériel s'est installé. La prouesse est simplement là. La mission modeste, mais démonstrative d'une grande maîtrise de la CNSA, l'agence spatiale chinoise, et de cette mission Chang'e-4.

Et puis il y a une autre prouesse passionnante dans les activités spatiales du moment, c'est les premières photographies de ce truc bizarroïde, en forme de bonhomme de neige ou de cacahuète de 30 kilomètres de long, qui se situe à plus de 6 milliards de kilomètres. Un gros caillou plein de trous, évoluant aux confins du Système Solaire, en des régions si froides qu'on suppose que son état est identique depuis sa formation remontant sans doute à l'origine de notre environnement stellaire.

On nous la fera pas, Ultima Thule, ce caillou, est en fait le fruit de la collision entre deux cailloux qui ont fusionné. Mais la silhouette peut faire penser à plein de chose, et l'intérêt de l'endroit reste assez modeste en fait, pour y planifier une exploitation de manganèse ou un élevage d'oursins il faut encore trouver le moyen de faire des forages et des analyses préalables, on n'en est pas encore là.

N'empêche que, l'humanité montre des talents admirables pour planter des trucs improbables dans des endroits inaccessibles. La mission Chang'e-4 posée sur la Lune a embarqué des plants de pomme de terre et des œufs de vers à soie, juste pour voir si ainsi placés dans un conteneur on pouvait imaginer qu'ils s'y développent paisiblement.

Les vers à soie, envoyés par les chinois, c'est un pas vers une forme de colonisation de la Lune, dont tout le monde pense qu'il s'agit plutôt d'un astre mort, sans atmosphère et sans activité apparente sur le plan géologique. Mais si jamais ... ça pouvait prospérer d'une manière ou d'une autre, ce serait quand même un truc qui pourrait changer le cours de l'histoire humaine. C'est quand même sympa une moment de détente à la maison devant un petit verre à soi, non ? Enfin avec modération.

Ah, les sciences, elles nous font voyager loin, et nous donnent des aspirations à des mondes meilleurs. C'est autre chose que de descendre le Yang-Tsé au fond d'un godet, de toréer le long des rues de Tigreville, ou de visiter La Bourboule en reniflant un dé à coudre de liqueur parfumée.

L'actualité quel cinéma !

On l'aurait oublié, mais je veille au grain, c'est un 3 janvier 1383 que les bourgeois de Paris, exaspérés par le poids des impôts et les désordres de la cour, s'arment de 2.000 maillets de plomb et descendent dans la rue. On les nommera les maillotins, pour la postérité.

Ils furent sévèrement réprimés. Comme à l'époque on n'avait pas les grenades et les matraques, on décapitait à tour de bras. Toutefois, la révolte des maillotins à Paris et ses réplications provinciales on amené, au Royaume de France comme dans une bonne partie de l'Europe, la disparition du servage, travail obligatoire et non rémunéré au service des seigneurs qui vont alors apprendre à retenir la main d’œuvre en proposant des salaires et des conditions plus humaines d'existence.

C'était pas encore la sociale, mais bon, les progrès c'est souvent un pied devant l'autre, on court pas non plus trop vite. Et du coup, à l'époque, les seigneurs vont également multiplier les franchises sur leurs terres pour permettre à l'artisanat et au commerce de se développer plus librement.

Etonnant non ?

Aller, on se fait quelques coupures de presse.



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Gala (2/1/2019) : Emmanuel Macron : le contenu de ses messages à Alexandre Benalla dévoilé

Anne-Yasmine Machet

Vidéo sur la page de l'article
La vérité sur ces mystérieux messagesAlexandre Benalla et Emmanuel Macron ont bien échangé des messages, comme ils l'ont tous deux finalement confirmé à la presse. Le président en a même dévoilé le contenu au Canard Enchaîné.

Emmanuel Macron et Alexandre Benalla ont donc bien échangé des messages. La presse l'a révélé dès fin décembre, avant que l'ancien collaborateur du président ne le confirme auprès de Mediapart. Le sujet de leurs échanges ? Des « thématiques diverses", comme les gilets jaunes, a-t-il assuré. L'Elysée a d'abord nié entretenir tout contact avec Alexandre Benalla. »Ça va être très dur de le démentir parce que tous ces échanges sont sur mon téléphone portable« , avait mis en garde l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron. Pour rappel, celui-ci s'est fait licencier le 19 juillet dernier après l'affaire qui porte son nom et qui a éclaté durant l'été. Malgré son éviction, il a continué à effectuer ses voyages d'affaires avec des passeports diplomatiques, provoquant une nouvelle polémique.

Le président est finalement revenu sur ces propos auprès du Canard Enchaîné, en kiosques ce mercredi 2 janvier, confirmés par BFMTV : oui, l'ex-chargé de mission a bien envoyé des messages « souvent lunaires » à Emmanuel Macron, auquel il n'a répondu que deux fois »de manière laconique« . « Deux messages un point c'est tout », a-t-il insisté. Puis d'en préciser le contenu : »En juillet, au moment de l'affaire, j'étais inquiet de son état : je lui ai donc demandé comment il allait« , a commencé Emmanuel Macron. Enfin, lorsqu'Alexandre Benalla se plaint de »quelqu'un » qui dit du mal de lui dans des dîners en ville, le président a interrogé : « Qui ?", sans obtenir de réponse.

Le chef de l'Etat a résumé, toujours cité dans Le Canard Enchaîné : »Benalla essaie de monnayer une prétendue proximité avec moi et il trouve preneur auprès de réseaux que j'ai toujours combattus et qui m'attaquent sans limite. Benalla n'est que leur idiot utile." Il appréciera…

Crédits photos : Michel Euler/Pool/Bestimage

Ah, donc on a enfin le point de vue éclairé du plus haut personnage de l'Etat. Benalla est un aigrefin qui vend ses prétendues compétences pour une supposée proximité avec Macron. Ben voilà. Un aigrefin qui sait coller des baffes, se foutre de la gueule de deux commissions parlementaires, quoique bien aidé dans ce sens par certains parlementaires eux-mêmes, et un aigrefin qui jongle avec des pièces administratives très réglementées, comme des passeports diplomatiques, ou des armes factices. En fait si je traduis bien le Macron, nous devons une certaine indulgence à un filou primesautier qui met le pays dans l'embarras et oblige le président à dire des conneries auxquelles personne n'accorde une once de crédit.

Voilà. Manu, t'es le roi des ni beaux, ni menteurs.


Europe 1 (3/1/2019) : La démission de Sylvain Fort, plume d'Emmanuel Macron, prélude à une série de départs autour du président

Michaël Darmon
Le directeur de la communication et de la presse du président souhaite notamment consacrer plus de temps à sa famille. Sa démission devrait être suivie dans les prochains mois par une série de démissions chez les macroniens de la première heure.

L'ÉDITO POLITIQUE

Sa plume s’envole loin de l'Elysée. Sylvain Fort, le directeur de la communication et de la presse d'Emmanuel Macron, va quitter ses fonctions d'ici la fin du mois. "Je souhaite m'orienter vers d'autres projets professionnels et personnels, et surtout consacrer du temps à ma famille", a fait savoir cet ancien professeur. Très proche du président de la République, il avait d'abord refusé le poste, le jugeant trop chronophage. Le départ de ce conseiller du premier cercle annonce d’autres mouvements prévus au sein de l’équipe de l'Elysée qui, durant les premiers mois de 2019, va connaître un renouvellement d'ampleur.

Une décision irrévocable. Emmanuel Macron a eu du mal à accepter la décision de Sylvain Fort. Mercredi soir tard, le président de la République appelait des amis pour leur demander de convaincre son collaborateur de revenir sur sa décision. Mais l’homme au 300 discours écrits depuis le début du mandat a pris une décision irrévocable pour des raisons qui, certes, sont respectables mais qui n'expliquent pas tout.

En osmose avec le président. Il faut savoir que Sylvain Fort a rejoint Emmanuel Macron dès le début de la campagne, avec un profil atypique. Ses champs d’expertise et ses passions, très diverses, en font un spécialiste de l’opéra, fin germaniste et exégète d'Antoine de Saint-Exupéry. En osmose intellectuelle avec Emmanuel Macron au sommet de l'Etat, ils ont bâti une sorte de France idéale à travers les mots.

Les trois discours marquants écrits par Sylvain Fort et Emmanuel Macron resteront certainement ceux consacrés au colonel Beltrame, aux catholiques de France et à Johnny Hallyday. La face B : Sylvain Fort, obligé par son patron de chapeauter la communication devait fréquenter un monde médiatique qu’il exècre. Disons le simplement : Sylvain Fort déteste les journalistes.

Le premier cercle se déplume. Prochain sur le départ : Ismaël Emelien le conseiller spécial du président, qui a déjà demandé depuis quelques temps à partir. D’autres conseillers moins connus ont déjà quitté le navire, comme le conseiller parlementaire Stéphane Séjourné, qui va s’occuper de la campagne européenne, ou comme la conseillère Moyen Orient du président.

Ce remaniement au cœur de la machine élyséenne est tout sauf anodin. Il concernera aussi le plus haut niveau. À court ou moyen terme, il est même question du départ d'Alexis Kohler le secrétaire général de l'Elysée, clef de voûte du système présidentiel.

Bon, on a pris l'habitude de ne pas tellement goûter le style oratoire de Macron, maintenant ça changera peut-être puisqu'il va devoir écrire tout seul, ou trouver un autre "nègre" aux pratiques plus éclairées. Faut dire que contrairement à certains textes beaucoup plus confidentiels, les discours de Son Emanation n'emportent pas beaucoup d'émotion, eux ... n'est-ce pas ami.e.s lect.rice.eur.s ... et toc.

On ne désespère pas de voir l'entourage présidentiel changer pour de vrais gens, parce que les clones qu'on a eu jusqu'à présent, ça vaut pas tripette.

D'un autre côté ça tombe assez mal cette histoire, vu que la ficelle picarde doit faire un courrier aux français ? Faudrait pas qu'il nous écrive une merde quand même ?

En tout cas, on aura appris que Macron dispose d'une clef de voûte et d'une vague de départ. Il manque plus que le bateau pour traverser la piscine, et on finira par en faire un vrai chef ... enfin pas de cuisine, faudrait pas empoisonner les convives.

En lui collant une plume ... peut-être ? Pour faire grand sachem ?


Libération (2/1/2019) : Qui est de gauche ?

Laurent Joffrin

Jean-Luc Mélenchon Photo Boris Allin. Hans Lucas
Jean-Luc Mélenchon a «quitté les rives de la gauche», dit Benoît Hamon, qui affirme «ne plus comprendre ce que fait» le leader de La France insoumise. La question se pose en effet.

Hamon réagissait à l’étrange confession de Jean-Luc Mélenchon, qui proclamait dans son blog sa «fascination» pour Eric Drouet, leader gilet jaune en pointe dans le mouvement. Selon Hamon, Drouet a voté aux deux tours de la présidentielle pour Marine Le Pen. La chose, en fait, n’est pas avérée et il semble bien qu’on ne sache pas exactement pour qui ce jeune chauffeur routier a voté en 2017. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la «fascination» n’est pas le meilleur outil cognitif pour juger un mouvement social.

On l’a dit maintes fois dans cette lettre : les gilets jaunes présentent des revendications sociales légitimes qui expriment la détresse d’une grande partie des classes populaires. Quand ils réclament la hausse du smic ou le rétablissement de l’ISF, ils rejoignent les propositions de la gauche syndicale ou partidaire. Mais leur vision de la politique est pour le moins contestable. La haine affichée à l’égard du président de la République, avec simulacre d’exécution à la clé, est étrangère à la culture démocratique contemporaine. L’hostilité de principe envers la classe politique, devenue bouc émissaire de toutes les difficultés françaises, alors que le Medef est curieusement épargné par la critique, les rapproche plus du mouvement poujadiste que de la tradition de la gauche républicaine. Quant aux dérapages antisémites et complotistes spectaculaires de certains d’entre eux, ils montrent que l’extrême droite est bien présente au sein du mouvement et que le jaune affiché tire parfois vers le brun, ce que la mouvance mélenchoniste minimise ou passe pieusement sous silence, à l’exception notable de Clémentine Autain.

C’est ce que pointe avec justesse Hamon. Le programme de La France insoumise est pour l’essentiel issu de la gauche : fiscalité égalitaire, politique de relance, démocratie directe, transition écologique, etc., même si son équilibrage économique est aux finances publiques ce que le surréalisme est à la peinture. C’est la stratégie politique de LFI qui pose le vrai problème. Selon les principes du populisme qui sévissent un peu partout dans le monde, les insoumis opposent «le peuple» aux «élites mondialisées» réputées corrompues, cosmopolites et arrogantes. On retrouve là la conception «agonistique» du combat politique professée par la philosophe Chantal Mouffe. Il s’agit moins de défendre un programme rationnel que de définir une frontière politique étanche entre un «ennemi» (l’oligarchie) et un «ami» (le peuple pris au sens large), transposition démocratique des idées de Carl Schmitt, philosophe politique de haut vol des années 30 et 40, qui a eu néanmoins le mauvais goût de fournir une théorie juridique à l’appui de la politique nazie.

Point Godwin ? Certes non. La France insoumise reste républicaine, légaliste, attachée aux libertés publiques et la comparaison avec les années 30 trouve vite sa limite. Mais dans la conception de LFI, les ennemis de ses ennemis deviennent facilement ses amis. D’où le soutien inconditionnel apporté aux gilets jaunes, qui ont l’insigne mérite de dénoncer «l’oligarchie» honnie et méritent à ce titre toutes les indulgences. Ce mouvement a ainsi présidé à un rapprochement tactique inédit, dans les mêmes manifestations colorées d’un jaune uniforme qui cache des opinions bigarrées, des électeurs ou des militants de l’extrême droite et de l’extrême gauche.

Rappelons que le mouvement ouvrier, historiquement, s’est toujours méfié de cette césure sommaire entre «ceux d’en haut et ceux d’en bas». Les leaders socialistes et communistes, pour la plupart, n’étaient pas issus de la classe ouvrière (Marx, Engels, Lénine, Jaurès, Blum et bien d’autres). Ils prônaient souvent une stratégie électorale de coalition entre classes populaires et classes moyennes, et admettaient volontiers dans leurs rangs des personnalités issues de la classe dirigeante si elles se ralliaient à leurs idées. Trotski lui-même a imposé aux bolcheviks l’intégration dans l’armée rouge d’anciens officiers tsaristes, enrôlés pour leur compétence.

La dénonciation des «élites» n’est pas un thème de gauche. Elle est confuse : qu’est-ce que «l’élite» ? Le patronat ? La classe politique ? Les «sachants» (et donc les intellectuels et les experts) ? Les journalistes ? Les footballeurs multimillionnaires ? Les hauts fonctionnaires ? Les habitants des centres-villes ? Elite de l’argent, élite du diplôme, élite de la compétence ? Sociologie sommaire, qui confond position sociale et position idéologique dans un déterminisme ridicule. A ce compte-là, les députés LFI, membres de l’élite parlementaire, surtout s’ils sont diplômés et habitent dans Paris, sont eux-mêmes suspects. La gauche n’est pas un simple rassemblement de «gens d’en bas». Elle repose aussi sur un socle de valeurs et de convictions. Il faut de temps en temps s’en souvenir.

Laurent Joffrin Directeur de la publication de Libération

Un rappel juste et équilibré de Laurent Joffrin. Il y a une remarque particulièrement pertinente qui fait état d'une stigmatisation de la classe politique en omettant soigneusement de mettre en cause le MEDEF par exemple. N'est-ce pas tout simplement une preuve de ce que le mouvement des gilets jaunes n'est pas un mouvement social, mais une sorte de mouvement d'humeur politique. Et il est intéressant de constater que deux pôles politiques principaux sont attirés, ou mettent en valeur eux-mêmes ce mouvement, RN et LFI, qui sont par nature et par construction des "forces politiques" frontalement opposées aux forces politiques plus conventionnelles.

20 Minutes (3/1/2019) : Chine: La population a baissé en 2018, une première depuis soixante-dix ans

Des vacanciers se rafraichissent au bord d'une plage
de Qingdao, à l'est du pays. — AFP
RECENSEMENT Malgré l’abandon de la politique de l’enfant unique en 2016, d’autres facteurs se conjuguent pour expliquer cette baisse, qui devrait se poursuivre dans les années à venir…

La population de la Chine, la plus nombreuse au monde, a baissé l’an dernier pour la première fois depuis au moins 70 ans, selon des experts, malgré l’abandon de la politique de l’enfant unique.

Le spécialiste Yi Fuxian, chercheur basé aux Etats-Unis à l’Université du Wisconsin-Madison, estime que la population de la Chine a reculé en 2018 de 1,27 million de personnes. Une paille par rapport à une population totale de 1,39 milliard d’habitants, plus de 20 fois la population de la France, mais tout de même une première dans l’histoire de la République populaire de Chine, fondée en 1949.

Enfants trop chers

Après la politique nataliste du fondateur du régime communiste, Mao Tsé-toung, la Chine s’est lancée à la fin des années 1970 dans une politique de l’enfant unique, souvent critiquée pour sa brutalité. Mais face au vieillissement de la population, Pékin autorise désormais depuis 2016 toutes les familles à avoir deux enfants. Problème : face aux coûts de l’éducation, de la santé et du logement, beaucoup de couples préfèrent en rester à l'enfant unique, voire à pas d’enfant du tout…

Résultat, le nombre de naissances a décliné de 2,5 millions l’an dernier, estime Yi Fuxian, alors que Pékin tablait sur une augmentation de 790.000 naissances. Le total selon lui devrait atteindre 10,31 millions pour 2018. Dans le même temps, le nombre de décès a augmenté à 11,58 millions, estime le chercheur.

Les signes d’une crise démographique à venir

L’année écoulée est « un tournant historique pour la population chinoise », déclare-t-il à l’AFP, jugeant que la tendance est peut-être même « irréversible » compte tenu de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer. « La population chinoise a commencé à baisser pour la première fois depuis 1949, le problème du vieillissement s’est accéléré et le dynamisme de l’économie s’est affaibli », observe-t-il. Le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants devrait reculer de plus de 39 % au cours des 10 prochaines années, selon He Yafu, un démographe indépendant.

La Chine entre dans « une crise démographique », s’alarme l’économiste Ren Zeping, du groupe immobilier Evergrande, et devrait perdre son rang de pays le plus peuplé de la planète face à l'Inde. Signes avant-coureurs : la population en âge de travailler (de 16 à 59 ans) a chuté de près de 5,5 millions de personnes en 2017, déclinant pour la sixième année consécutive pour tomber à 902 millions de personnes (65 % de la population totale). Selon des estimations du gouvernement, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus devrait atteindre 487 millions de personnes en 2050, soit 35 % de la population contre 241 millions (17,3 % de la population) fin 2017.

En 1966, Jacques Dutronc chantait "700 millions de chinois, et moi, et moi ..." ! C'était il y a un peu plus de cinquante ans. Il y a eu beaucoup de naissances depuis. Mais apparemment ça se tasse ! On note une accalmie de la croissance démographique intérieure depuis plusieurs années en Chine.

Pour un territoire immense, comparable à celui des USA, la Chine est 4 fois plus peuplée. Le bloc européen incluant la Russie occidentale est également d'une superficie comparable, avec une population de moitié approximativement de celle de la Chine. Et l'Inde qui est d'une population comparable à la Chine est d'une superficie représentant le tiers. Il ne fait pas de doute que le périmètre où la population est la plus concentrée est l'Inde.

Les humains sont quand même vraiment très nombreux. A se demander si il ne faut pas sérieusement s'inquiéter de savoir où les mettre dans l'avenir !


Geoado (3/1/2019) : Ultima Thulé, face cachée de la Lune : des nouvelles du cosmos

Nicolas Martelle

Vue d'artiste du survol d'Ultima Thulé
par la sonde New Horizon (© Nasa)
Deux "premières" viennent de se produire dans l'espace : le survol du corps céleste le plus lointain jamais atteint par une sonde, et l'atterrissage d'un module sur la face cachée de la Lune !

L’actualité de notre bonne vieille planète peut parfois sembler déprimante, mais en ce début d’année, les nouvelles venues de l’espace sont carrément réjouissantes ! Lundi 1er janvier, la sonde américaine New Horizons, qui nous avait déjà envoyé de superbes images de la planète naine Pluton en 2015, a survolé l’objet céleste le plus lointain jamais atteint par un appareil dans notre système solaire : Ultima Thulé. On savait peu de chose de cet astre, sinon qu’il s’agissait d’un astéroïde allongé, ou d’une paire d’astéroïdes orbitant très près l’un de l’autre. Son nom poétique lui vient d’une île mythique mentionnée par l’explorateur grec Pythéas, au 4e siècle avant notre ère, que l’on a longtemps considéré comme la terre la plus au nord du monde…

À gauche, image couleur en basse définition,
au milieu, image plus nette en noir et blanc
prise par un instrument différent, et à droite,
fusion entre les deux ( © Nasa, SwRI, JHUAPL).
Mais revenons aux confins du système solaire, dans cette zone au-delà de l’orbite de Neptune qu’on appelle la ceinture de Kuiper : située à 6,6 milliards de kilomètres du Soleil, celle-ci compte de nombreux objets célestes vieux de 4,6 milliards d’années, véritables témoins de la formation de notre système. Certains ne sont pas plus gros que des cailloux, d’autres ont la taille de planètes naines. Ultima Thulé est entre les deux, puisqu’il mesure une trentaine de kilomètres de long. Et finalement, il ne s’agit ni vraiment d’un astéroïde solitaire, ni d’une paire de rochers se tournant autour, mais de 2 anciens objets indépendants qui se sont percutés et ont fusionné ! Le résultat est une sorte de bonhomme de neige cosmique, de couleur rougeâtre. Une fois que toutes les données envoyées par New Horizons seront traitées, dans plusieurs mois, on devrait en obtenir des images en super haute définition. Pour l’instant, on a ça, et c’est déjà assez incroyable :
Des vers à soie sur la Lune

On revient beaucoup plus près de la Terre avec la mission chinoise Chang’e-4 : celle-ci consistait à poser un atterrisseur et un robot motorisé sur notre satellite naturel, la Lune. Rien de bien extraordinaire, vous me direz, l’être humain s’y est déjà rendu en personne il y a presque 60 ans (l’anniversaire, c’est au mois de juillet). Oui, mais là, il s’agit de la face cachée de la Lune, un endroit où la main de l’homme n’avait encore jamais mis le pied. Rappelons que la Lune, qui tourne autour de nous et sur elle-même, est synchronisée avec la rotation de notre planète, de sorte qu’elle nous présente toujours la même face. Il y a donc une face cachée, plus difficile à atteindre que celle que tu peux voir tous les soirs (même si des sondes l’avaient déjà survolée).

Première image du sol lunaire vu de
la face cachée prise par la sonde
Chang’e-4 (© CNSA/CGTN)
Bref, la sonde Chang’e-4, lancée le 7 décembre dernier, s’est posée jeudi 3 janvier dans le plus grand des calmes et vient d’envoyer les premières images de son lieu d’alunissage, le cratère Von Kármán, situé vers le pôle Sud de la Lune. Le module est équipé d’instruments qui permettront à l’agence spatiale chinoise d’étudier la géologie des lieux et de nous renseigner sur la composition du sol. L’atterrisseur transporte aussi des plants de pomme de terre et des œufs de vers à soie dans un conteneur fermé. Objectif : observer si ces formes de vie peuvent se développer sur la Lune. À suivre…

Elle commence bien cette année, avec de belles images venues de très loin.

Le nom d'Ultima Thulé a été choisi, pour cet hybride entre astéroïde et petite planète, en raison de ce qu'il s'agit du plus lointain corps identifié en périphérie du Système Solaire, Thulé étant le nom attribué par l'explorateur grec marseillais (!), Pythéas, pour identifier une "terre", la plus lointaine connue à l'époque, entre 330 et 320 avant J.C., et que l'on estime parfois pouvoir être l'Islande sans être certain que ce fut bien cette île qui était désignée. Vu les moyens de l'époque, c'était une belle performance.

Ultima Thulé est située à une distance de six milliards et demi de kilomètres, une distance telle qu'il faut plusieurs heures aux ondes radio ou à la lumière pour si rendre depuis la Terre, ou le Soleil. C'est aussi 3 millions de fois plus loin que l'Islande depuis Paris en gros, et c'est là qu'on voit quand même un progrès sensible entre ces gréco-romains et nous.


Revue des deux mondes (mars-avril 1860) : Les Animaux utiles. — Le Ver à Soie

Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau

A. de Quatrefages, photographié
probablement en 1884
Qui ne connaît le bombyx mori des naturalistes, le ver à soie de tout le monde ? qui ne sait qu’en cela, semblable à tous les lépidoptères, cet insecte, successivement chenille, chrysalide et papillon, parcourt en quelque sorte trois existences différentes ? qui ne sait encore que, vers la fin de la première période de cette singulière vie, la chenille, comme si elle sentait approcher le sommeil merveilleux pendant lequel l’organisme subit une refonte complète, tisse son cocon, ou, en d’autres termes, s’enveloppe d’une sorte de peloton creux enroulé de dehors en dedans, et dont le fil, mesuré par Malpighi et Lyonnet, n’a pas moins de 300 mètres de long ? A qui est-il besoin de rappeler que ce peloton, dévidé, filé, mouliné, ouvré par des procédés de plus en plus parfaits, se transforme successivement en soie grège, en organsin, et produit en définitive ces tissus qui, modestes ou riches, élégans ou somptueux, ont porté dans l’univers entier les noms de Lyon, de Saint-Etienne, de Nîmes, et sont une des gloires les plus incontestées de la France industrielle ?

Voilà une petite mise en bouche, si vous avez envie de mieux connaître les vers à soie et l'industrie qui s'est développée autour de leur culture. Le lien permet d'en lire plus de la main de Monsieur de Quatrefages. Et c'est donc bien une industrie qui fut prospère pour les lyonnais en particulier. Faudrait peut-être suggérer à Gégé de Lyon de négocier une part de bénéfices sur les cultures lunaires prochaines.

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