23 décembre 2018

L'actualité sous le filtre de ma (presque) mauvaise foi. 23 décembre 2018



En bandeau : Un gang gilets jaunes - Macron retrouve à Amiens les salariés de Whirlpool... et Ruffin © POOL/AFP / Eric FEFERBERG AFP/Archives, Le Point octobre 2017.
Oh les boules !

Emmanuel Jean-Michel Frédéric-Recep Tayyip-Vladimir Vladimirovitch-Jinping Jack Flash Macron est un grand président.

Il avait un peu les boules ces derniers temps, il vient de gagner le sapin pour mettre en bière une révolte bordélique des gilets jaunes, et réussir à signifier à quelques têtes qui dépassaient que la fête est finie, le clap de fin était prévisible, il y a d'autres fêtes à mener désormais.



Celles de Noël et de la fin de l'année coïncident avec la fête d'une république apaisée, le peuple a eu son quart d'heure de gloire, il a été entendu, il a tété quelques subsides à venir.

Même les retraités ne sont pas oubliés puisque pour de bêtes questions de paperasses ils vont connaître un adoucissement du régime CSG qui leur amaigrissait le portefeuille ... mais ce sera pas avant mai ... où on peut faire ce qui nous plaît, c'est bien connu.

Pour l'instant la bise est venue, on a dû engranger tout l'été, pas mal de bordel, mais les cigales ne sont pas dépourvues, nos fourmis distribuent et sèment à tous vents de belles promesses de prospérité à coups de billets de 50 balles pour les plus gâtés.

Ça me fait penser aux commerçants qui te filent des bons d'achats en centimes sur des produits à consommer prochainement, on a vu passer de ces trucs ces temps-ci, la république banane hier est en passe d'être transformées en citron bien pressé, et pas vu pas pris, personne n'a vraiment bougé pour faire la seule chose qui aurait eu du sens vu le merdier, sortir les marchands du temple de la consommation pour remettre un peu d'ordre dans les rayons.

Une vague de réformettes pour acter l'écoute de l'exécutif face à la colère populaire, des ajustements sur plein de choses qui donneront pas de solution à l'essentiel, la redistribution se fait à crédit sans toucher aux causes réelles. En 2019 les entreprises qui n'embauchent pas continueront de percevoir de beaux cadeaux, les grandes fortunes seront toujours imperméables à la contribution sincère de la richesse partagée. C'est Noël qui vient, sa trêve des confiseurs et le sourire des cons faiseurs, béats bas qui fleurent bon les comptes et content bien fleurette avec leurs vocalises d'alphabêtes.

Faut quand même reconnaître que la quantité d'énergie dépensée par les populistes de tous bords, pour aviver la grogne des gilets jaunes, aura permis de dépouiller l'attente réelle d'une inflexion ou d'un changement de politique de toute possibilité d'exprimer les choses profondes qui préoccupent les esprits. L'écologie est partie des cabinets ministériels quand Hulot a vu tirer la chasse ... on retiendra l'épisode de son départ pour aussi fort historiquement que celui de son arrivée, on aurait dû stocker le déplacement d'air pour en faire une miette d'énergie renouvelable.

La "révolte" des gilets jaunes se termine comme les bonnes histoires populaires par un banquet, il ne reste que quelques quenelles, beaucoup de dérapages imbéciles pour montrer qu'en France il y a des abrutis, des racistes, des xénophobes, des anti-ci et des anti-ça, pas suffisamment d'anti-fa sans doute pour calmer les sacs à bière qui ont émaillé la période de leurs festives envies d'en découdre avec les forces de l'ordre.

Lesquelles forces de l'ordre se sont vues, comme le reste du pays, offrir quelques pièces jaunes, ce jaune est devenu une couleur de circonstances, pour calmer la piétaille en oubliant les cadres qui font la gueule autant que le petit personnel.

Tout ce jaune nous rappelle forcément qu'on a beau faire comme on veut avec les oeufs, quand on les casse et qu'on les bat, ça reste jaune même quand il y a les blancs si on les sépare pas avant le fouet. Avec le score en morts et blessés, victimes directes et indirectes d'un moment d'expression un peu enlevée, on n'est pas encore au point pour domestiquer les employés qu'on recrute pour s'occuper de nos affaires.

Édouard Philippe a tenu à démentir les rumeurs de
dissensions entre lui et Emmanuel Macron.
© THOMAS SAMSON / AF, sur Europe1
Edouard Philippe explique, lui, qu'il ne se voit pas envoyer tout balader sur un coup de tête et que la politique c'est comme la boxe. Ce qui nous donne quelques clefs de lecture pour l'avenir à court terme : qu'il va rester même si ça n'arrange pas Macron, et que lui aussi, comme Macron sait de quoi on parle quand il s'agit de boxe.

Ce qui laisse perplexe avec tout ça, c'est que dans quelques semaines on aura l'impression qu'il ne s'est rien passé, au mieux, ou bien que le gouvernement s'est plutôt bien dépatouillé de la situation.

Agnès Buzyn veut renforcer les services hospitaliers de proximité.
© LUDOVIC MARIN / AF, sur Europe 1
Agnès Buzyn fait à sa manière le meilleur bilan de toutes ces semaines, de ces mois pendant lesquels tous les doutes ont prospéré sur la capacité du système Macron à gérer autre chose que des gamelles prises en raison d'une incompétence évidente à communiquer sérieusement sur les sujets de politique : "C’est très douloureux de se rendre compte que l’on n’a pas réussi à apaiser" la France, reconnaît t-elle. Elle espère beaucoup de la concertation avec les français, ce truc dont je disais qu'il serait la conclusion aux demandes urgentes du peuple râleur. Si on pouvait accepter de reporter les demandes urgentes de quelques années ou décennies, la macronie en serait fort aise. Et Buzyn sait de quoi il en retourne quand on parle d'urgences.

sur afriquenewsinfo
Macron est grand, il est beau, il va devenir temporairement céleste n'en doutons pas. Il doit faire d'une certaine manière l'admiration de Xi, Poutine et Erdogan, avec aussi peu de dégâts pour un truc qui semblait bien mal barré entre les mains d'un président n'ayant pas l'appareil d'Etat aussi fort que ce qu'ils ont eux l'habitude de montrer. Et bistouquet peut désormais retourner devant Trump, l'Agent Orange, avec le sourire potache du jeune blanc-bec qui vient de montrer qu'il avait la plus grosse ... popularité ... si si, ça va venir, elle va remonter.

Vendredi 21 Avril 2017 - 10:13 sur Atlasinfo

Le temps de digérer le calme revenu, le paysage politique va redevenir idéal pour bastringuer entre potes, Le Pen, Mélenchon et Macron sont les trois gamelles de la France, si tu veux bouffer dans une autre, cache ta joie.

La grande question est déjà de savoir lequel des trois sera investi en 2022 pour un mandat présidentiel dans lequel quelque soit le choix on aura affaire à des experts en vieille politique.

Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Alexis Corbière
sur les bancs de l'Assemblée nationale le 1er août 2018
Gérard Julien AFP, sur article de Slate
Au mieux apprend t-on, Mélenchon se tâte de passer le bâton témoin à une fille pour faire bonne figure et tenter de mettre LFI au pouvoir sans prendre de coup lui-même, ce qui est d'ailleurs peut-être la plus belle opération politique à venir pour son camp. Bien menée, la montée au combat d'une Mathilde Panot pourrait signer la mort des organisations de gauche. Bien menée, parce que sinon ça peut aussi signer la disparition de LFI, c'est un coup de poker qui pourrait bien se jouer.

Vous aurez remarqué que je parle de 2022 et ... les européennes alors ?

Compliqué de faire des pronostics, mais une chose semble certaine, les accords qui auraient pu se faire pour tenter de montrer une liste commune à gauche sont quasiment hors d'atteinte désormais. La faute principale en incombe sans doute au parti le moins représenté dans la population, mais le plus encombrant dans le paysage, le PS ne veut pas d'accord qui impliquerait de dénoncer les alliances avec le PSE, parti socialiste européen, qui est tout sauf vraiment fédéraliste au fond, et qui refuse de travailler sur la renégociation des traités.

Hors la plus grande partie de la gauche française ne l'entend pas ainsi, les traités européens sont la source de beaucoup de problèmes. Mais sans accord avec le PS est-il possible de former une alliance et des listes communes à gauche ? Pas avec LFI non plus, qui veut simplement rejeter l'Europe en bloc. Il reste les miettes avec le PC, EELV et Generation.s, mais personne ne s'entend bien pour faire quoi que ce soit.

Donc pour les européennes, ne vous inquiétez pas, laissez faire Macron. Il s'affiche fédéraliste, sans vouloir renégocier les traités, ou si peu. En fait ne cherchez pas à comprendre, il veut juste ne rien changer si possible. Et laissez faire Le Pen et Mélenchon pour tenter de démolir les efforts de Macron, ces deux-là veulent qu'on sorte de l'Europe d'une manière ou d'une autre.

En 2019, aucune organisation politique n'est mûre pour construire un projet politique avec une base électorale prépondérante. Mais il n'est pas impossible que la représentation du peuple français au Parlement Européen ressemble beaucoup à un ramassis de gens qui ne sont pas favorables à la poursuite de l'aventure européenne. C'est un risque important. Et c'est d'autant plus amusant d'un certain point de vue, que les deux principaux acteurs de cette défiance sont des professionnels d'un Parlement Européen qui a fait un peu leur gloire, et pas mal leur fortune personnelle et celle de leurs entourages.

Il va falloir une sacrée dose de combattivité pour défendre les vraies bonnes idées pour choisir nos députés européens. Et il faudra surtout une dose de persuasion pour que les électeurs se déplacent en nombre. C'est important.

D'ici les élections européennes, l'hiver étant passé, peut-être que le peuple grognon aura émergé de la gueule de bois marquant à la fois le passage des fêtes de fin d'année, les vœux de la nouvelle et les souvenirs enfin remontés à la surface de revenus qui ne sont pas à la hauteur d'un grand pays toujours plus riche, sauf qu'il y a de moins en moins de gens qui en profitent.

Ah, et puis on a cette crise des marchés financiers ... dont on disait il y a pas mal de temps qu'elle prendrait place à partir de l'automne 2018. Elle a pris place, et ce qui est peu visible encore, c'est qu'elle n'a pas réellement explosé en krach boursier, mais en décrépitude progressive. Les marchés perdent des points d'indice et plutôt beaucoup. Et le moral des investisseurs et les conditions conjoncturelles laissent penser que la crise n'est pas terminée, qu'il y a un gros risque de crise importante bien matérialisée. Ce qui n'arrangerait finalement les affaires de personnes, puisque si une crise majeure survient, il faudra encore tenter de sauver les banques, les grandes fortunes, et de faire en sorte que le prix des nouilles reste abordable pour les autres.

Sans compter qu'entre temps on aura rien fait de plus pour tenter de modérer les dérives climatiques, et que ça nous pend au nez de comprendre le vrai prix à payer pour tout ce temps perdu, qui ne se rattrape plus.

L'actualité nous offre peu de contenu très motivant. Un tsunami en Indonésie qui affiche déjà plus de 200 morts, une embarcation de migrants arraisonnée sur la Manche avec 16 personnes à bord, Trump qui perd son ministre de la Défense pour désaccord sur l'avenir de la politique extérieure des Etats-Unis, et il cherche même à se défaire du président de la FED ... il faut vraiment chercher pour trouver dans les medias que le froid, même modéré ces jours-ci, fait des dégâts, comme toujours parmi les sans-abris et on ne sait même plus trouver une info ou une image sur l'état de l'Aquarius.

Pendant qu'on va faire plus ou moins la fête, les urgences des hôpitaux vont déborder de soucis et dans les EHPAD ou les centres de soins de longue durée un personnel le plus souvent d'un humanisme débordant prendra soin des gens qui n'auront pas la chance de se trouver en bonne santé, chez eux, à l'abri de l'adversité d'un monde franchement compliqué.

Macron énonce que désormais c'est l'ordre qui doit régner ! Il cède son trône ? Faut dire que c'est quand même un royaume de chiottes.

Pour l'instant, on va penser simplement à ces confiseurs qui veulent absolument se mettre au repos. Encore des fouteurs de bordel ceux-là avec leurs bonbons sur lesquels tout le monde veut mettre la main. On renvoie le Père Fouettard à son bercail, et on se donne de belles pensées positives. Tant qu'il y a des bulles quelque part ...

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1 commentaire:

Claudine TIXIER a dit…

je ne suis pas sûre que la révolte des gilets jaune soit terminée !! vraiment pas sûre

L'actualité sous le filtre de ma (presque) mauvaise foi. 12 janvier 2019

En bandeau, une composition à base de galette, d'enfer, et de fayots Ma liberté de pencher, ou quand je trouve que ça va de mal ...