13 octobre 2017

« VIVE LA MODERNITÉ ! » (et le progrès dans tout cela?)

Publié pour le compte de François Marandet

 
Une petite introduction au RUE,
à la démocratie de proximité
et à la dette.

Vous pouvez douter de l'histoire que je vais vous raconter, parce qu'aujourd'hui elle semble incroyable, tout autant qu'un conte de fées. Pourtant je ne vous raconterai pas des histoires de « bisounours » ni des berceuses pour enfants sages. Je témoigne simplement d'une époque révolue il y a peu, dans laquelle la civilisation n'était pas un vain mot, mais un savoir vivre ensemble, ce qu'on a du mal à imaginer de nos jours où la civilisation a régressée au profit d'une société « moderne » technologique avec laquelle elle est souvent confondue.

Dans les années 60 je passais mes vacances dans une un village de moyenne montagne du Haut Doubs, qui comme quelques communes voisines avait un patrimoine communal très étendu en pâturages et en forêts. La commune vivait sur un mode coopératif formel et informel :

Coopérative formelle :

les pâturages communaux étaient utilisés collectivement par les agriculteurs qui salariaient un vacher, qui soir et matin passait en soufflant dans sa corne donnant le signal aux paysans de libérer les vaches de l'étable, pour qu'elles aillent se fondre dans le troupeau de quelques centaines de vaches. Pour la traite, le troupeau redescendait au village et chaque vache le pis traînant presque par terre regagnait spontanément son étable.

Ils salariaient aussi un fromager pour la fruitière (fromagerie coopérative) . Cette coopérative ne dépendait d'aucun groupe financier, et chaque agriculteur était à égalité de voix. Le lait du soir reposait jusqu'au lendemain, et la crème était retirée à la louche et gardée pour faire le beurre. Un délice … Le lait du matin était alors mélangé à celui de la veille et le fromage élaboré, dans les grandes cuves en cuivre. Le tout dans un mélange de parfums acidulés de lait caillé.

Coopération informelle :

En plus du droit de pâturage, les paysans avaient leurs propres champs dont ils récoltaient le foin pour les longs mois d'hiver. Lorsque l'orage menaçait l'entraide était la coutume, et le matériel comme les humains passait d'une ferme à l'autre. Cette entraide et ce matériel mis a disposition des autres fermiers évitait d'avoir une multiplicité de matériel ne servant que rarement, et donnait une force et rapidité de travail là et quand c'était utile. Ces notion de travail en commun et d’entraide pour des exploitations agricoles individuelles semblaient naturelles, dans un pays ou un orage peut compromettre la survie de la ferme. Il semble que ces usages aient été répandus dans tous les villages de cette région, et que cela semblait tout à fait « normal ». A cela s'ajoutait l'affouage, sous sa forme ordinaire, c'est à dire le droit de couper le bois de chauffe nécessaire à la famille, droit relativement répandu en France rurale. Tout cela semble assez ordinaire, ce qui suit l'est beaucoup moins.

L'affouage en redistribution : 
 
Il y avait surtout une forme d'affouage peu répandue : l'ONF ou l'organisme qui l'a précédé avant 1964 , « les eaux et forets » gérait la part du patrimoine concernant les bois communaux, coupait les arbres à « maturité » les revendaient aux enchères, et reversait à la commune les sommes qui lui revenaient. Mais comme ces forêts étaient gigantesques, et la population et ses besoins plutôt modestes, il y avait plus de revenus forestiers que de besoins municipaux. Alors, ce surplus était redistribué en argent aux habitants de la commune selon un mode dont je ne me souviens pas : par foyer ? Par habitant ? Cela est secondaire à mon propos : il y avait une redistribution des richesses communes, et cela du simple droit de faire partie de cette commune. Ce supplément de revenu n'a jamais favorisé la paresse dans ce pays ou les hivers duraient six mois et l'été à peine un mois.

Bien sur une telle situation ne pouvait être acceptée longtemps par les comptables qui nous gouvernent, et sa destruction s'est passée en deux temps : L'autorité de tutelle, la préfecture, voyait d'un mauvais œil cette redistribution en numéraire du trop plein de richesse de la commune.

Les « Eaux et Forets » et les organismes de gestion de terrain agricole contemplant la petite rivière poissonneuse qui serpentait sous les saules pleine de truites sauvages et tapissée de noir par des écrevisses d’Europe, avec ses méandres ses trous, ses rapides, étales … la petite rivière était une merveille de la nature, les arbustes étaient chargés de les martins pêcheurs, de petits oiseaux qui jouaient à cache-cache avec le promeneur. Les grenouilles avec leur ponte gélatineuse dans les bras morts, les salamandres et toute cette flore et faune vivant et se nourrissant dans les rivages des ruisseaux.

Mais cette rivière occupait de la place, et les technocrates chargés du remembrement en cours n'aimait pas cela. Il fut donc décidé de faire un chenal tout droit ou l'eau s’écoulerait même pendant les crues sans inonder les champs (mais ou était le problème de l'inondation des champs de foin en hiver ? …) Ce terrain « gagné » sur la rivière est resté inexploitable produisant une herbe inutilisable : la laîche.

Le village étant au pied d'une « côte » un relief de 200 m au dessus de la plaine, exposé à l'ouest, cette pente était souvent enneigé à cette époque, (c'est rare maintenant). Il fut donc suggéré de faire un remonte-pente, en espérant faire une micro station de ski. Ce remonte pente a servi quelques années aux enfants des écoles, l’enneigement étant trop irrégulier pour les vacanciers.

En massacrant la jolie rivière à truite qui se tortillait dans la vallée pour la transformer en chenal stérile, puis en suggérant de faire un remonte-pente pour les skieurs, la commune s'est endettée, ou plutôt on l'a poussé à s'endetter … Résultat : la redistribution du trop plein financier s'est transformé en impôts foncier et taxe d'habitation.

La fruitière locale a fermé, la coopérative de la commune a disparue, le lait va dans un grand machin plus ou moins coopératif, et comme il n'y a plus les moyens de payer un vacher, les pâturages communaux ont été concédés par parcelles aux agriculteurs qui les ont clôturés, L'utopie sociale qui vivait depuis longtemps est morte. Et la standardisation du goût du comté a raboté les saveurs particulières de chaque fruitière et de chaque fromager. ( Imaginez que vous standardisiez les grands crus de bourgogne pour avoir un produit moyen acceptable constant et sans les particularités qui font le charme de chaque cru …)

De cette évocation d'un monde passé je retiens quelques leçons importantes pour les temps à venir :
  1. La redistribution d'une partie des richesses communes n'est pas une utopie, car elle a été une réalité de fait. Les modifications de la structure de l'économie impliquent que la redistribution doit être entièrement réinventée.
  2. La gestion intelligente de la nature coûte moins chère que les modes des technocrates, et que le coût de la démocratie - même élevé - est préférable au coût exorbitant d'un pouvoir venant de strates « supérieures », de prétendus sachant, passant d'une zone géographique à l'autre, d'un domaine de pouvoir à l'autre, d'un domaine d'ignorance à l'autre,.
  3. Que la dette (les emprunts) est un moyen d'asservir les collectivités territoriales, tout comme les individus.
  4. Que la croissance n'est en soi ni un bien ni un mal, mais un concept à interroger dans ses applications et ses implications.
  5. Que la « modernité » est passagère comme la mode, mais n'est pas le progrès.


I - LE REVENU UNIVERSEL D'EXISTENCE COMME REDISTRIBUTION D'UNE PART DES RICHESSES COMMUNES.

Le concept de Revenu Universel d'Existence dont de nombreuses versions ont été décrites ici et là, soit par la gauche y voyant le droit essentiel de chacun à vivre dignement de l'usage du bien commun, soit par des libéraux comme compensation de l'appropriation du bien commun par un petit nombre qui seraient tenus d'indemniser de cette appropriation ceux qui en sont exclus.

Des modalités multiples de ce revenu universel ou revenu minimum d'existence, ont été avancées, les unes y intégrant tout ou partie les prestations sociales, les autres venant en supplément des prestations sociales et de toute autres formes de revenus.

Le premier mode de revenu minimum d'existence ne serait qu'une refonte totale ou partielle des différentes prestations sociales, comprenant le RSA, les APL, et toutes autres allocations. Elle ne serait attribuée qu'en fonctions des ressources et sur justificatif de sa situation. Ce serait peut-être une facilité administrative (encore que ….) ce serait peut-être une plus grande équité si elle est attribuée automatiquement, mais n'apporterait rien de plus au bénéficiaire que ne le feraient les augmentations de ces prestations.

Le second mode (Revenu Universel d'Existence) impliquerait que chaque habitant de notre pays reçoive une somme fixe indépendamment de ses revenus et des prestations sociales, et que les impôts sur le revenus soient calculés sur la base des revenus individuels augmentées du revenu universel (en gardant le quotient familial) de façon à ce que les plus pauvres gardent l'intégralité du RUE, les revenus moyens se retrouvent à somme nulle, et que les revenus supérieurs participent de façon notablement plus importante au budget national. L'industrie par l'intermédiaire des « robots » remplaçant les emplois et les transactions financières par une taxe type Tobin compléteraient le financement du RUE. Le montant global serait considérable, sauf si on ne prend en compte qu'une partie importante de la population rendrait l'intégralité du RUE par l'intermédiaire de l’impôt sur les revenus, ou paieraient deux, trois, dix fois le montant reçu.

Ce mode de revenu universel d'existence, avec son automaticité, et son indépendance complète des revenus familiaux permettrait
    • Aux étudiants de faire leurs études en toute quiétude et ainsi d'augmenter le taux de réussite (de diminuer fortement le taux d'échec)
    • Aux personnes âgées ayant une vie professionnelle chaotique (licenciements successifs, début de carrière tardifs en raisons d'études longues, femmes « au foyer » se retrouvant seules, périodes de maladies longues ou récidivantes) de recevoir en plus d'une maigre retraite un complément leur permettant de vivre dignement,
    • Aux actifs désirant changer d'activité ou créer une entreprise, de le faire sans craindre un déclassement à la suite d'un possible échec, ou pendant la période nécessaire à la mise en place de la nouvelle activité
    • Aux personnes désirant participer autrement à l'activité sociale,
    • Aux artistes d'avoir le temps de constituer une œuvre et de finir par vivre de leurs créations,
    • Aux personnes désirant prendre leur indépendance de vivre une séparation sans problème financiers surajoutés,
    • . etc.
    • et même à ceux, sans doutes peu nombreux, qui désirent passer une vie d'oisiveté dans une grande simplicité matérielle de le faire. Bien sur, ce point fera polémique, mais il existe bien des héritiers qui vivent une vie oisive sur les dividendes de leur héritage, et à qui on ne reproche jamais leur oisiveté.

II) DE LA GESTION TECHNOCRATIQUE DES RESSOURCES NATURELLES :

Le contrôle des décisions d'aménagement du territoire au niveau central est sans doute une nécessité pour éviter les dérives clientélistes ou la répétition des mêmes erreurs, et permettre une coordination des actions à un niveau géographique plus étendu. Mais les projets d'aménagement doivent se faire au plus près du terrain, qu'il s'agisse d'urbanisme ou d'agriculture, et la concertation des population concernée doit devenir un réflexe démocratique. Bien sur il existe des enquête d'utilité publique, mais mon expérience m'a montré de nombreuses omissions dans les rapports qui étaient souvent orientés. Je n'ai jamais rencontré, bien que cela ait pu exister, de rapports négatifs entraînant l'abandon d'un projet d'aménagement. Une révision des procédures de Déclaration d'Utilité Publiques serait nécessaire. (L'acronyme DUP serait-il dû seulement au hasard ?).

Les réglementation concernant l'urbanisme, concernant l'aménagement du territoire et les activités agricoles, plus globalement, les décisions technocratiques sont soumises à des modes, un air du temps qui ne dépend pas nécessairement du réel, mais souvent d'idées qui viennent, qui passent et laissent la place à la suivante, abandonnant derrière elles les dégâts qui ne sont de la « faute de personne ». La nécessité que les décisions locales soient prises localement et plus généralement que les décisions soient prises au niveau concerné et compétent est une question ouverte. Elle appelle une réflexion sur la démocratie locale et ses rapports avec les échelons « supérieurs ».


III) DE LA DETTE (OU L'EMPRUNT) COMME MOYEN DE CONFISQUER LE POUVOIR DÉCISIONNEL.

Dans l'exemple cité en introduction, la tutelle de l'état s'est installée par l'intermédiaire de la préfecture lorsque la commune a emprunté pour des projets plus ou moins inutiles. Au niveau des états, cette tutelle est internationale, (européenne pour la zone Euro) et mondiale par l'intermédiaire de la mondialisation économique et de son dumping social et fiscal : Cette tutelle a une formalisation : c'est la « dette » ce crédit revolving fait à chaque état emprunte à un taux variable selon son comportement par rapport une orthodoxie au dogmes de l'économie libérale mondialisée. La menace, c'est le taux d'emprunt, véritable pompe à finances qui ne saigne que les les peuples et épargnent les multinationales :

Mais qu'a donc fait le Grec moyen pour être astreint à payer les décisions prises par ses dirigeants captant allègrement pour eux et leurs amis les prêts de l'Europe ? A payer cette dette due aux exonérations fiscale des armateurs et de l'église orthodoxe, aux malversations et marchés passés par des gouvernements corrompus ? Et un peu, en marge, et pour les culpabiliser aux petites tricheries des grecs sur leurs impôts … Et bien sur, la sanction est une exigence de privatisation des biens communs, d'austérité pour les plus pauvres et de au final d'une récession qui rend impossible le remboursement de la dette, et renforce l'austérité.

Il ne faut pas aller chercher loin pour entendre que, si on ne peut pas faire ce qu'on souhaite pour notre pays c'est en raison de la dette …. et des fameux 3 % de déficit maximum autorisés... 3% ? Pourquoi trois plutôt que 3,1 ou 2,9 ? parce que c'est un chiffre rond ? un nombre magique ? Une réalité mathématico-économique ?

C'est une côte mal taillée, un costard prêt à porter pour les vingt et quelques pays de l'Euro, une absurdité qui devient une règle. Et cette règle absurde qui avantage certains pays et surtout certains modèles économiques, mais fige certains autres dans une course désespérée vers ce nombre magique. Ils en oublient le long terme pour se mettre au garde à vous devant des « autorités financières » qui prennent le pas sur les projets politiques. Qui prennent le pas ? Non ! Qui imposent un modèle dans lequel l'état n'est plus que le serviteur d'intérêts privés et renonce à ce qui fait son fondement : organiser une société dans laquelle chacun peut trouver une existence digne et un développement de soi, et continuer à construire une société et un monde acceptable pour les générations qui nous suivent.

Un dépassement de ce plafond de déficit n'a pas le même effet s'il est destiné à structurer le pays, investir pour demain et les générations futures, ou s'il est dû aux « cadeaux fiscaux » destinés aux mieux nantis en mettant en avant n'importe quel discours, depuis la « pénibilité de l'emploi des patrons et actionnaires », jusqu'à la fuite des capitaux dans des pays qui jouent à fond le dumping fiscal et social.

Trois pour cent du PIB … 3% de supplément d'emprunt annuel … si vous aviez par exemple, une croissance à 4 % , ça vous ferait une diminution automatique de l'endettement, qui est calculé sur le PIB. Mais si vous avez 2 % de dépassement annuelle de dette dans une stagnation économique, cela accroîtrait l'endettement par rapport au PIB. Alors faut-il « rembourser la dette » ou la diminuer relativement au PIB par une croissance intelligente qui enrichira le pays ?

Une dette de 30 000 euros par enfant qui naît en France ? Et alors ! En contrepartie s'il bénéficie de l'infrastructure d'un pays bien équipé et d'un bon système social : hôpitaux, écoles, collèges lycées universités, routes, villes, enfin toute une société organisée pour leur permettre de commencer à vivre ailleurs que dans le la jungle ... etc. Ce ne serait pas si cher comme « billet d'entrée » si, une fois devenus actif les revenus étaient mieux répartis.

Croissance et emploi : En raison du gain de productivité, il faudrait dépasser 1,5 à 2 % pour créer des emplois. Mais est-ce que la question est bien posée ? Que deviennent ces gains de productivité ? Qui en bénéficie ? Les salariés ? Par une augmentation de leurs salaires ou une diminution du temps de travail ? Il ne semble pas ! L'état par une diminution de la dette et une augmentation des moyens dont il dispose pour améliorer le pays ? Non plus ! Alors ? Qui bénéficie de la croissance, de l'augmentation de la productivité, et comment se répartit ce surplus de biens créé ?

On le sait, le capitalisme financiarisé est extrêmement gourmand, les fonds de pensions exigent toujours plus de marges bénéficiaires, et le bénéfice des efforts consentis échappent à ceux qui les font pour engraisser le capital au point de le rendre obèse. Et ce n'est que le début, car on se passe de plus en plus de la présence des humains dans le système économique : des caissières de supermarchés comme les employés des comptoirs des banques, ou on demande au « client » de faire lui même le service (qu'il paye), les chaînes industrielles ou un homme seul surveille des machines qui remplacent les ouvriers, les fonctionnaires de moins en moins nombreux tout en ayant des tâches de plus en plus complexes, et bientôt les concepteurs en raison de l'évolution extraordinairement rapide de l’intelligence artificielle ? Il semble que seuls les conseils d'administration des entreprises capitalistes embauchent. C'est vrai qu'il faut recycler et remercier le personnel politique qui a si bien servi leur cause !

Destruction créatrice (d'emploi?) non ! C'est un mensonge : le chômage et sa petite sœur la pauvreté des salariés précaires ne font qu'augmenter partout, et lorsque ce n'est pas l'un c'est l'autre, ou les deux à la fois. Destruction créatrice de bénéfices, évidemment. « Il faudra du monde pour concevoir et construire des robots »? Les robots et l'intelligence artificielle permettront de réduire à leur tour ces emplois hautement qualifiés. Inexorablement le « travail » continuera à diminuer, à se morceler, à « s'ubériser », et le capital à faire la loi, comme c'est l'orientation de la transformation mise en œuvre aujourd'hui en France. Le « travail » qui restera sera la gestion d'un capitalisme omniprésent et omnipuissant.

Oh je ne pleure pas sur le travail pénible qui va disparaître encore moins sur le travail répétitif, mais le problème se situe au niveau de la redistribution des richesses crées. Si elles continuent à s'accumuler toujours du même côté, le capitalisme libéral, qui est déjà en soi un totalitarisme parce qu'il possède les moyens de production, les moyens de propagande (par les médias, et les lobbies) et la complicité intéressée ou naïve des politiques, ce totalitarisme deviendra un fascisme par le besoin qu'il aura de se défendre contre les attaques légitimes de la population.

Le monde change comme il n'a jamais changé, le monde du travail en particulier, et peu de gens sont capables de penser les avenirs possibles.


IV) DE LA VOLONTÉ DE CROISSANCE OU DE DÉCROISSANCE :

Les partisans de la croissance pour régler tous les problèmes (comme Trump qui rouvre les mines de charbon) tout comme la décroissance à tout prix comme certains le préconisent en raison du gâchis phénoménal de la surconsommation et de la production de biens « inutiles » sont deux voies sans issues. La première parce qu'elle va dans le sens de la destruction irréversible de notre biotope, l 'autre parce qu'elle ne correspond pas au désir légitime de mieux-être d'une grande partie de la population mondiale.

Il conviendrait de repenser l'économie de notre pays dans le cadre de l'ensemble des économies de notre planète avec une réorientation qualitative : On peut penser que beaucoup d'efforts doivent être dirigés vers le remplacement des techniques gourmandes en matières premières et d'énergie, et que cette croissance « verte » sera souhaitable en ce qu'elle pense d'abord aux énergies renouvelables, aux recyclage des matériaux et des produits hors d'état de servir, à la réparation plutôt qu'à l'obsolescence plus ou moins programmée, à la qualité de l'agriculture plutôt qu'à la course au rendement avec l'utilisation massive des « entrants » (mot pour ne pas dire pesticides et engrais chimiques). Dans ce cadre d'une économie qualitative, le chantier sera alors immense, et comprendra aussi le nettoyage des pollutions diverses larguées dans la nature depuis la deuxième moitié du XX ème siècle.

Simultanément, et en raison de la destruction des emplois que la robotique entraînera, une diminution du temps de travail salarié sera indispensable et bienvenue. Elle ne sera que la continuation du phénomène qu'on constate depuis plus d'un siècle. Mais elle nécessitera de revoir les critères de redistribution des richesses créées, la structure du travail salarié aujourd'hui créant du chômage et des travailleurs pauvres. Il faudra aussi nécessairement revoir les ressources des cotisations sociales celles-ci étant essentiellement basées sur le travail. De nouvelles ressources seront à prendre en compte, notamment dans les structures qui détruisent l'emploi, et dans la masse gigantesque des flux financiers, sur laquelle aujourd'hui nous n'avons aucune prise.


EN GUISE DE CONCLUSION PROVISOIRE … (octobre 2017)

Nous avions enfin atteint un redémarrage de notre économie, une baisse du chômage, grâce à une croissance légèrement supérieure aux gains de productivités et aux départs à la retraite des baby boomers. Notre cher président de la République et son gouvernement sous prétexte d'orthodoxie économique, diminue les budgets de l'état, et diminue en même temps les revenus fiscaux. En diminuant les ressources des plus pauvres, supprimant les aides de l'état aux emplois, en figeant les salaires et les retraites, en limitant les APL d'une part, et d'autre part en faisant des cadeaux fiscaux aux plus riches, il favorisera l'accumulation de capital qui sortira du flux économique.

Nous irons probablement vers une diminution de la consommation, donc de la croissance, et probablement vers un début de stagnation, entraînant une nouvelle augmentation du chômage et des travailleurs précaires. Nous aurons droit aussi au discours disant que c'est parce qu'on n'est pas allé assez loin dans les « réformes » que ça n'a pas marché. Grâce aux lois sur la destruction du code du travail, nous allons constater que les banques ne voudront plus prêter aux nouveaux travailleurs précarisés pour l'achat de logement, ce qui entraînera un effondrement du secteur du bâtiment et une augmentation des loyers. Et comme dans toute période d'incertitude sur l'avenir, l'épargne sera le moyen pour ceux qui le pourront encore, de s'assurer sur un avenir incertain. La croissance s'arrêtera.


Cette sacro-sainte « politique de l'offre » l'accumulation du capital chez les plus riches et la diminution du pouvoir d'achat des plus pauvres, entraînera pour moi, la fin de la croissance, le retour vers la stagnation et l'explosion du chômage et du nombre des travailleurs pauvres.



François Marandet, le 10 octobre 2017

1 commentaire:

fotjadi a dit…

Bonsoir François ... et François ...
Je découvre ce blog dont j'ai déjà lu certaines bonnes page sur facebook!
J'ai donc découvert une mine d'or de réflexions auxquels je reviendrai avec grand plaisir ! Merci les amis !
ptourne@gmail.com

« VIVE LA MODERNITÉ ! » (et le progrès dans tout cela?)

Publié pour le compte de François Marandet Les Semeurs Citoyens   Une petite introduction au RUE, à la démocratie de proximité et à...